Sous l’égide de FEDEPSY
La FEDEPSY est la Fédération Européenne de psychanalyse et école psychanalytique de Strasbourg

Pour des informations concernant FEDEPSY, voici son site : www.fedepsy.org
Sous l’égide de FEDEPSY, des groupes cliniques et des cartels sont proposés à Metz, au coeur de l’association « A propos ».

GROUPES CLINIQUES :

Les groupes cliniques sont au nombre de trois. Ce sont des lieux où des professionnels se rencontrent pour échanger autour de la clinique et des pratiques.

Ils se réunissent environ une fois par mois.

Le jour varie selon le groupe et les dates de rencontres sont fixées au sein du groupe d’un mois sur l’autre.

Rencontres groupes cliniques :

Un lundi par mois à 18 heures, un groupe se réunit au centre Baudelaire 46 rue Serpenoise à METZ. Ce groupe est animé par Anne-Marie MEYER et Claudie GRASMÜCK.

Un lundi par mois à 19 heures, un groupe se réunit au Cabinet de Dominique MARINELLI, 1 rue de Turmel à METZ. Ce groupe est animé par Dominique MARINELLI.

Un mardi par mois à 20 heures, un groupe se réunit au CMP Tivoli 22 rue de Tivoli à METZ. Ce groupe est animé par Jean ADDE et Raphaël HERR.

Entrée :
Pour des informations ou des inscriptions : domarinelli@sfr.fr


LES CARTELS

Les cartels sont des lieux fondamentaux de réflexion et de discussion de la psychanalyse. Ils s’appuient sur la lecture de textes de Jacques Lacan.
Ces cartels sont animés par des philosophes et des psychanalystes.

Thème de l’année :
Lecture du séminaire VIII

« LE TRANSFERT »
de Jacques LACAN

Rencontres :

Les cartels se réunissent une fois par mois.
La date de rencontre est fixée au sein du groupe d’un mois sur l’autre.

Entrée :
Pour des informations sur les cartels ou une inscription : domarinelli@sfr.fr

Mais encore …

La psychanalyse et la philosophie

Dès 2011, se constitua à Metz sous l’impulsion de Dominique Marinelli un groupe de 9 personnes autour de l’étude du Séminaire de Lacan L’éthique de la psychanalyse, groupe composé de psychanalystes et de philosophes (6 psychanalystes et 3 philosophes). Le choix de nous rapprocher de la philosophie plutôt que des « sciences psychologiques » qui ont actuellement le vent en poupe tient à l’histoire du mouvement psychanalytique initié par Freud et ré-actualisé par Lacan.

Il nous faut nous rappeler que l’acte de résistance contre la « normalisation » qu’a constitué le séminaire « L’éthique de la psychanalyse » nous semble on ne peut plus actualisable dans nos luttes présentes face à un organisme qui prétend dire « le vrai du soin ». La HAS (Haute autorité de santé) figure actuelle de l’instance surmoÏque, a rédigé en mars 2012 des préconisations concernant notamment l’autisme et les troubles envahissants du développement, préconisations qui viennent mettre au banc des accusés la psychanalyse jugée inefficace et non évaluable jusqu’à en déconseiller sa pratique. Au-delà de cet écrit très discuté, et discutable en raison de son manque de rigueur scientifique, règnent actuellement des polémiques qui viennent opposer les théories psycho-dynamiques aux modèles biologiques organiques, avec un fort désir des tenants des modèles organicistes d’écarter ceux qui défendent un autre point de vue. Les conclusions de la HAS semblent nous indiquer que la polémique n’aurait plus lieu d’être, voire plus : il y aurait consensus pour poser la vérité du coté du sujet neuronal. Loin d’identifier le consensus à un corps d’idées et à des preuves scientifiques, Jacques Rancière suggère que le « consensus » s’identifie à des données perceptives et que l’on peut parfaitement s’y opposer. « Dans l’idée d’un consensus est incluse l’idée d’un forçage imposé par une oligarchie d’experts qui confisquent la pensée complexe (1). Et cela devient « amusant », dit-il, lorsque l’on s’oppose au consensus : on se retrouverait presque accusés d’être des gens incultes des évolutions scientifiques, voire qualifiés d’arriérés.
Cette affirmation est dans la lignée d’une position de Lacan, presque 40 ans avant Rancière. A propos de ce qu’il a appelé son « excommunication » de l’instance internationale l’IPA, Lacan évoque l’ignorance enseignante », qu’il oppose à « ignorance docte ». L’ignorance enseignante, dit-il, « a cours comme valeur de la coulisse intellectuelle au titre de la bêtise académique. Le trafic d’autorité étant la règle de son marché, je me trouvais, dix ans après, négocié par ses soins, et comme ce fut dans des conditions de noir qui sont celles du gang annafreudien, ce fut ma tête simplement qui fut livrée comme dessous de table pour la conclusion d’un gentelman’s agreement avec l’IPA, dont il me faut indiquer ici l’incidence politique dans le procès de mon enseignement (2) ».
S’opposer au « consensus » a été la posture de Freud d’abord, face au discours psychiatrique, de Lacan ensuite, face à la simplification de la pensée freudienne. Cette opposition au consensus s’exprime magistralement dès la première scission de la première association française, la SPP (Société Psychanalytique de Paris), scission initiée par Lacan et ses fidèles en 1953, avec la création de la SFP (Société Française de Psychanalyse). Pour Elisabeth Roudinesco (3), l’initiation de Lacan à l’épopée surréaliste, puis sa fréquentation des philosophes Alexandre Koyré, Alexandre Kojève, Georges Bataille, Ricoeur, Althusser, Derrida et sa lecture de Husserl, de Nietzsche, de Hegel et de Heidegger furent les ferments de sa révolte contre le savoir psychiatrique et l’appréhension académique des concepts freudiens.
Il n’est pas douteux que Lacan prit en son temps appuis sur les philosophes, choisissant « le risque de la métaphysique contre celui de la psychologie, psychologie dans laquelle baignait la psychanalyse en place » (Ricoeur). Ainsi c’est tout naturellement que ce cartel messin de psychanalyse (étude du séminaire Le transfert cette année 2016, après celle du séminaire L’éthique de la psychanalyse) continue à inviter des philosophes à nous rejoindre. Ce compagnonnage de la psychanalyse et de la philosophie par nous ardemment souhaité pour parler de « L’éthique » hier et du « transfert » aujourd’hui nous apparaît crucial, en ces temps de simplification de la pensée.
C’est également dans une optique d’ouverture préférentiellement à la philosophie que nous avons invité cette année 2016 Pierre Montebello, philosophe, à venir dialoguer au sein de l’association de psychanalyse A propos, à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage Métaphysiques cosmomorphes, La fin du monde humain (4) ».
Est à signaler que nos travaux du Séminaire l’éthique de la psychanalyse ont fait l’objet d’interventions des membres de ce cartel au colloque de philosophie « Éthique et psychanalyse » à l’Université de Luxembourg en février 2014, organisé par Lukas Sosoé, membre du cartel et professeur de cette même université.

Les membres du « Groupe des 9 » :

Nicolas Antenat, philosophe
Paola Casagrande, psychologue-psychanalyste
Philippe Choulet, philosophe
Françoise David, psychologue-psychanalyste
Eric Graff, psychologue
Dominique Marinelli, psychologue-psychanalyste
Anne-Marie Meyer, psychologue-psychanalyste
Lukas Sosoé, philosophe
Colette Zapponi, psychologue-psychanalyste
Paola Casagrande, le 5 juillet 2016


(1) Jacques Rancière, La haine de la démocratie, La fabrique, 2005
(2) Jacques Lacan, « Raison d’un échec », dans Scilicet 1, déjà cité, p. 45
(3) Elisabeth Roudinesco, Jacques Lacan. Esquive d’une vie, histoire d’un système de pensée, Fayard, 1993, p. 126
(4) Pierre Montebello, Métaphysiques cosmomorphes. La find du monde humain, Collection Drama, Les presses du réel, Dijon, 2015.